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Le bambou est-il une réelle alternative aux plastiques ?

Dernière mise à jour : 17 oct. 2023




Aujourd’hui on aimerait vous parler d’un nouveau truc tendance : le bambou.

Depuis quelques temps, vous avez sûrement vu de nombreux produits en bambou surgir dans les magasins. Le bambou est à la mode ! Connu pour sa

praticité, il pousse rapidement et partout, on pense à une superbe alternative aux plastiques.

Comme d’habitude : Attention au Greenwashing ( éco-blanchiment) !

Bien qu’estampillé éco-friendly ou biodégradable, un certain nombre d’objets sont en plastique de bambou, SUPRISE !



Mais le plastique de bambou Quesako ?Il y a deux types de plastiques de bambou communément vendus.Ceux dit composites, en fibres de bambou broyées et mélangées à du plastique. Et ceux dit dérivés chimiques du bambou.

Passons en revue, leur éco-friendliness ou leur biodégradation.Les ustensiles composites bambou/plastique, souvent reconnaissable pour avoir de jolies couleurs et dessins, ne sont pas si éco-friendly que ça. La fibre de bambou est emprisonnée dans du plastique. Ce n’est donc plus un produit totalement biosourcée et biodégradable.

Ce plastique, c’est souvent du PP (Polypropylène) ou du PLA (plastique à base de maïs) ou des résines thermodurcissables.

Il existe heureusement des solutions de résines réellement biodégradable entre autre celle développée par 2 chercheurs hollandais : https://plantics.nl


Lorsqu’il s’agit de PLA , comme ces produits ne sont pas collectés pour être compostés industriellement, ils ne seront pas biodégradés. ( Pour mieux comprendre la biodégradation et le problème du PLA, vous pouvez vous référer à notre vidéo explicative : “Le mensonge bioplastique ). De plus, ils ne font pas non plus partis de la collecte des déchets à recycler une fois mis à la poubelle. C’est malheureusement une bonne partie de ce qui est présent dans le commerce.



Concernant le second type de plastique de bambou :

Le plastique utilisé est un dérivé chimique de la cellulose du bambou. Dans chaques plantes on retrouve de la cellulose, de l’hémi-cellulose et de la lignine. Le coton, par exemple, est riche en cellulose à 90% voir plus. C’est pour cela qu’il est beaucoup utilisé dans le textile.


Lorsqu’elle est extraite du bois, la cellulose pure est obtenue après pulpage et raffinage. La cellulose est un polymère naturel. Mais elle n’est pas vraiment utilisée pour faire du plastique. Car, à la différence des polymères synthétiques comme le PET, la cellulose brûle avant de se ramollir et de fondre.

Elle ne peut donc pas être mise en forme comme les plastiques conventionnels. Afin de palier ce problème, on transforme la cellulose par réaction chimique. On obtient alors ce qu’on appelle un dérivé chimique de la cellulose.



On utilise beaucoup de dérivés chimiques chimiques de la cellulose sans le savoir. La soie synthétique de nos vêtements par exemple, c’est de la xanthate de cellulose. Les montures de nos lunettes ou les filtres de nos cigarettes sont en acétate de cellulose. L’acétate de cellulose est obtenue par une réaction appelée esthérification en milieu acide. Des acides acétiques et sulfuriques sont utilisés pour transformer la cellulose du bambou. Derrière les appellations trompeuses, il ne s’agit plus du tout de bambou.

Or, la cellulose et sa cousine l’acétate de cellulose ne se biodégrade pas de la même manière. La cellulose est facilement et communément digérée par un grand nombre de micro-organismes. L’acétate de cellulose, quant à elle, n’est pas aussi bien digérée par la nature. Les parties chimiquement transformées empêchent les micro-organismes de la cellulose, comme les champignons, de digérer la matière. Il faut d’abord que ces parties-là soient attaquées pour que les micro-organismes de la cellulose prennent le relais.

Il existe naturellement des enzymes capables de s’attaquer aux parties acétates, comme celles utilisées pour digérer la chitine. Mais, bien souvent l’acétate de cellulose synthétique est trop dense. La matière doit d’abord subir une première dégradation par le soleil ou l’eau. Ce procédé peut être particulièrement long et dépend beaucoup de la température et de l’épaisseur du produit. C’est pourquoi, on retrouve beaucoup de mégots de cigarettes dans la nature.

Un certain nombre de produit estampillés bambou peuvent être des dérivés chimiques de la cellulose extraite du bambou. Bien que théoriquement biodégradables, leur biodégradation sera sûrement excessivement longue hors d’un broyage et d’un compostage. De toute façon, en France il n’existe pas encore de collecte générale des bio-déchets. En revanche, ils pourraient être recyclés. En effet, l’acétate de cellulose étant comme les autres plastiques, malléable une fois chauffée. Mais ces objets ne font pas non plus partis des plastiques collectés et il n’existe pas de filière adaptée à leur recyclage.


Si vous souhaitez vous procurer des ustensiles en bambou, et non en acétate de cellulose ou en composite bambou/plastique, une méthode est simple pour les reconnaître : il faut qu’ils soient comme du bois sculpté au touché et à l’oeil en même temps. Il est facile d’identifier les rainures typiques du bambou que l’on ne retrouve pas dans les autres produits.




Source :

1.Degradation of Cellulose Acetate-Based Materials: A Review by J. Puls et al. (2010)

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